vendredi 3 avril 2020

Paris Violence Made In Paris


J'arrive pas à faire mon boulot
Les autres avachis dans le canapé
Se passent à fond des K7 vidéo Style matches de foot ou bêtisiers
Je voudrais bien écouter des L.P.
Mais la chaîne est en réparation
Je voudrais bien essayer de pioncer
Mais les voisins font trop de boxon
Reste plus qu'à traîner sur les boulevards
En espérant qu'il va pas flotter
Ou me défoncer à la Valstar
Sur le parking d'intermarché
Je voudrais bien aller au cinéma
Ou aux Peep-shows de St Denis
Mais j'ai pas assez de thune sur moi
Et puis c'est à six stations d'ici
De toute façon en ce moment
Pas de dépenses inutiles
Je suis trop à l'étroit financièrement
Pour me ruiner dans ces conneries
Reste plus qu'à me laisser aller
A travers la jungle de béton
En tripotant mon cran d'arrêt
Pour si je fais une mauvaise rencontre

jeudi 2 avril 2020

Paris Violence Echec Total


La pluie commence à tomber sur les hangars abandonnés
Les entrepôts désaffectés, le portail des usines fermées
Il laisse les gouttes épaisses tremper ses cheveux et sa tronche
Sa clope presque finie lui irrite un peu les bronches
Il longe le trottoir en zigzagant entre les flaques
Ferdinand Bardamu, c’est pas Eugène Rastignac

Là haut sur la voie ferrée qui passe par dessus la nationale
Un train de marchandise rouillé grince et trébuche sur les rails
La pluie est trop forte maintenant pour rester dehors
À l angle de la rue, l’enseigne du Bar des Sports
Le patron, l’air accablé, lui sert un ballon de rouge
Dehors la flotte a redoublé sur les cheminées couvertes de rouille
Il croise les mains et les fout sur la table
La toile cirée pleine de vieilles taches d’alcool et de cendres
Il n’a pas demandé cette vie minable
Il faudrait plutôt penser à essayer de se reprendre
Mais il sait pas au juste quel est son rôle
Des les zones périphériques du bourbier urbain
Complètement paumé dans les Années Folles
Et les longs couloirs du métropolitain

Il laisse une pièce mais pas de pourboire
Et sort avec des yeux hagards
Il longe un moment un grand mur
Le dos fouetté par l air du soir
La pluie brusquement s’est arrêtée de tomber
Il n’est pas très tard les fumées des cheminées sombres
Se mêle aux nuages noirs qui pèsent sur l’air pollué
Les bâtiments géants font des immenses taches d’ombre
Il marche le long du mur un peu nerveux
Pourtant à vrai dire il ne pense plus à grand chose
Les mains dans les fouilles de son imper’ douteux
Il regarde vaguement le paysage morose
Son passé est vague comme ses terrains vides
Qui s’étendent a perte de vue
Entre les vieilles usines
Sa gueule devient encore plus livide
Que les façades déglinguées des entrepôts en ruine

mercredi 1 avril 2020

Paris Violence - Des Nuits Entières


Planté contre une colonne à la sortie du bahut

Les potes m'appellent je fais comme si j'avais pas entendu
Je la vois pas sortir c'est pourtant bien l'heure
Et puis elle apparaît derrière la porte vitrée
J'essaie de pas bouger, c'est comme une apparition
Je reste cloué sur place, je trouve pas de phrases
Pour décrire cette si intense excitation
Qui parcourt mon perfecto par vagues d'extase
Je la rattrape je lui demande du feu
Je sais pas quoi dire j'ai pas l’air con
Je parle du temps, je regarde ses yeux
J'ai du mal à contrôler mes pulsions
Elle répond rien à mes conneries
Je suis gêné et elle aussi
Je suis accro, elle tourne le dos
À ce rythme là ça marchera pas

Encore zéro partout, encore perdu un jour
J'attends lundi matin, j'attends le match retour
En attendant en route pour quelques insomnies
Je refuse de sortir et je fantasme à fond
J'irai pas au resto avec mes cons de copains
Je préfère rester at home à penser à après-demain
Je vais tirer des plans pendant toute la nuit
Je veux pas me rater, je vais faire un carton
Je suis obligé d'avoir recours à des substances déconseillées
Les effets ne se font pas attendre, je plane sur la voie lactée
En smoke, en sniffe ou en bouteille
J'ai besoin d'un excès quelconque
Pour quitter le système solaire quelques secondes ou quelques plombes

Allongé sur le sol de la salle de bains
Énergie à zéro mais j'ai les choses en main
J'essaie d'organiser ma prochaine offensive
Ce coup-ci je suis grillé, faut à tout prix que j'y arrive
Peut-être un plan kamikaze mais en dernier ressort
Je pourrai pas attendre une semaine de plus
Soit elle me dit ok
Soit ça va être gore
Je plonge dans le Styx et je bois la cigüe
J'essaie de calmer mon cerveau
Mais je suis de plus en plus accro
Il y a des circuits qui chauffent
Ça fume à mort dans mon moteur
De plus en plus heure après heure

Quelques chose comme une lampe dans le brouillard
Perle de plaisir dans mes humeurs dépressives
Le feu de ses cheveux qui déchire le noir
Et tourne et m'éblouit et me défonce comme un fix'