mardi 31 mars 2020

Paris violence - Aller simple


Couplet 1]
Fin de week-end merdique dans une banlieue merdique
Pas de potes, pas de fric, que des désillusions
Je traîne mon enfer mental le long des nationales
Sous la pluie hivernale, tout seul et sans un rond
Les grilles rouillées des pavillons défilent
Géraniums au balcon, bagnole dans le jardin
Stations service fermées, grillages défoncés
Hôpitaux immenses, usines dans le lointain
Parfois la croix verte d'une pharmacie
Se reflète sur le trottoir battu par la pluie

[Refrain 1]
Et toujours ces miasmes morbides
Toujours ces relents de suicide
Les yeux éteints, la tête vide
Envie de se barrer
Partir sans jamais revenir
Tourner le dos aux souvenirs
Acheter un billet de train, pour un aller simple

[Couplet 2]
Parkings sans voitures, containers pleins d'ordures
Et pas un chat bien sûr, façades dégueulasses
Mes tempes bastonnent, mes oreilles bourdonnent
Mon cerveau déconne, encore ces angoisses
Je me ramasse un poteau, je roule dans le caniveau
J'ai du sang plein le blaire, et envie de gerber
Trop de nuits sans sommeil, trop de jours tous pareils
Que ces relents industriels qui bouffent ma santé
Et "le ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis"

[Refrain 2]
Et toujours ces miasmes morbides
Toujours ces relents de suicide
Les yeux éteints, la tête vide, envie de disparaître..
Trop lâche pour pouvoir me flinguer
Ou pour avaler les cachets
Qui m'auraient embarqué enfin pour un aller simple..

dimanche 29 mars 2020

Paris Violence Les Complexes D'Alphonse Larvis



Alphonse Larvis habite rue des Martyrs Entre ses poupées gonflables et ses snuff-movies Il a un sex-shop juste en bas avec un importe de 30 M² de fantasmes Le jour il ferme ses volets, il renifle des trucs toute la journée Et puis le soir derrière son comptoir, il se repasse ses vidéos de hard
Bienvenue au pays des complexes d'Alphonse Larvis en temps de crise Pourtant, certains soirs quand il en a marre De mener sa vie sous les cellophane Alphonse sort de son quartier nocturne et se fond dans la foule de Paname
Alphonse sait plus très bien ce qu'il fout là, quelles sont les causes et les conséquences Alors il va faire un petit tour en bas, passer une nouvelle nuit blanche Il a un peu peur de tous ces gens, pourtant y'a qu'ici qu'il se sente chez lui. Parmi les néons roses et les bordel fermés Peu à peu il se noie au cœur de la nuit...

samedi 28 mars 2020

Paris Violence Tintin Chez Les R.M.istes



Tintin s'est fait virer du Petit Vingtième
Et Haddock à dû vendre Moulinsard
Se sont installés dans le 9e
Et connaissent les joies du Chômage
Milou Milou Sapristi, viens taxer au Capitaine
Un peu de cet elixir dont les caves du chateau étaient
pleines!
Tintin doit bosser les 3-8 à l'usine
Et Milou est devenu chien de cirque
Assis devant son verre de rouge
Se repasse la main dans la houppe
Merde y reste plus un rond, c'est tout les coups comme ça
Va falloir tourner dans un film Porno, pour tenir jusqu'à
la fin du mois...
Soudain réaliste il observe le ciel lourd
Par le p'tit carré qui donne sur la cour
Regrette les partouzes qu'il faisait à Moulinsart
Et le LSD sur les pelouses du parc...

Tintin fait des pompes dans la cuisine
Il en a marre de s'faire casser la sphère
Un poing américain dans la poche de son jean
Le pantalon de golf il sait plus quoi en faire
Merde il y a comme un problème, ça fait 5 mois de loyer
Qu'on doit au propriétaire, va bientôt falloir squatter
Avec ce qu'il lui restait dans le larfeuille
Il s'est fait tatouer sur l'avant bras gauche
Le signe du pharaon Ki-Osk
Et l'dragon du Lotus Bleu sur l'épaule.
Capitaine rangez ce flingue, y a encore un peu d'espoir!
Milou lâche ces seringues, tu ferais mieux comme moi de
boire!
Soudain pessimiste, il arrête le CD
Arrache sa chemise et se met à gueuler
Balance les bouteilles vides aussi loin qu'il peut
Regarde ses tatouages et se refout au pieu
Mais il peut pas dormir, et puis ça sers à rien
Encore qu'c'est toujours mieux que le lendemain
Où sont passés les autres
Ma parole! C'est pas vrai!
On se fout d'ma gueule
Quelle bande d'enfoirés!

Tintin remet ça au nom des souvenirs
En espérant qu'en bas, feront toujours crédit
Après y r'met ça encore au nom d'l'avenir auquel faut
penser l'moins possible
Putain Milou j'ai l'machin qui réponds plus aux ordres
J'ai beau y aller des deux mains y a comme un truc qui
déconne...

Demain tout sera fini mais aujourd'hui c'est la fête
Un banquet, faites monter des salopes!
Rideaux rouges, vin sanglant, tout est grand mes seigneurs!
Le sang du Diable me réchauffe le foie c'est le top!
Ca y est c'est en marche,
J'ai bien cru qu'il marchait plus
Qu'il me restait au derche
Qu'il me restait au cul.
Soudain très soucieux, il sort sur le balcon
Molarde un bon coup, se trouve un peu con
Remet sa chemise et ses baskets sales
Et merde, il reste plus de pinard!
Il va faire un tour jusqu'à l'épicerie
Et merde c'est fermé! Ah c'est vrai c'est lundi
Ya rien à la télé et le ciel est couvert
Ca le rend inquiet, ça le désespère...

Tintin chez les RMIstes, Tintin!


jeudi 26 mars 2020

Paris Violence Rendez-Vous En Enfer



Je l'ai arraché comme une fleur
Une Edelweiss parmi les neiges
Serré la pince au commandeur
Rendu ces gages et galèré
Les spectres sont rentrés chez eux
Les enfers se sont refermés
Je peux très bien me passer d'eux
J'ai déjà mon enfer prié

Et te brûlé encore de mes rayons glacés
En éclairant ta mort comme un soleil obscur
Et lorsque s'évapore les brumes haut placé
Direct je me dors, en buvant tes murmures

Le beau rideau de satin rouge
Retenu par des cordons d'or
Des statues de bronze qui bouge
Comme pour s'élancer vers l'aurore
Pourtant nous sommes que le soir
Du moins la fin d'après midi
Le ciel pesant et presque noir
Et semble écrasé tout aigri

Toujours grand seigneur libertin
Me délectant de la trompette
Je t'offrirai jusqu'au matin
Des joies nouvelles et peut être
Qu'au première lueur de l'aube
Au moment d'être épuisé
Tu glisseras sur ta robe
Tu t'endormiras a jamais

Explorer des années durant
Les antichambres de Satan
C'est épuisant comme enivrant
Mais franchement tout est si beau
Dans ces cascades de joyau
Ces cathédrales de douleur
Et toujours s'élancer plus haut
Loin des humaines horreurs

Construisant des temples géants
Qui s'élance vers le ciel gris
Tournez ces yeux vers le couchant
Et se dissoudre dans la pluie
Chacun ses goût et ses caprices
Il ne nous reste que ceux la
Je les préfère novices
Et laide comme des asticot

mercredi 25 mars 2020

Paris Violence Vers Le Nord



[Couplet 1]
Conversation nocturne 100% platonique
J’y attrape la crève même si je connais la musique
Excentricités du soir, jamais en retard
Exploration d’un coin reculé du plumard
La fièvre artificielle remonte tous les cercles
M’envahit le cerveau, va faire sauter le couvercle
Je me torture à essayer de paraître intéressant
Au milieu des rafales de vent, toujours le même regard absent

[Pont 1]
Mes ambitions sous cellophane dans les rayons reculés
De magasins particuliers
Ni bien ni mal, ni banal ni original
Bien au-dessus de la réalité
Vers le nord de l’enfer
Tous les soirs je m’enterre
J’ai là-bas une résidence secondaire
Généreux dispensateur de ma propre douleur
Je me fais souffrir jusqu’aux premières lueurs

[Couplet 2]
Retour a la réalité triviale et pluvieuse
Les gouttes vacillent sur le pare-brise
Les essuie-glaces grincent, complainte nerveuse
J’allume l’autoradio d’une main indécise
Les façades défilent, boulevards périphériques
Circulation fluide, lumières sombres et pathétiques
Taches sanglantes , des phares arrière sur l’asphalte trempé de pluie
Sortie d’autoroute direction porte d’Ivry

[Pont 2]
Faut croire que rien l’intéresse
Toujours ce sourire vague
Pourtant j’invente de toutes pièces
Ça lui fait rien outre mesure
Moi je me sens frigorifié
Comme un glaçon sur la banquise
Putain de vent
Vers le nord rien de nouveau
Toujours les mêmes autoroutes
Laisser sur glisser sur leur chaussée pluvieuse mes derniers doutes
Vers le nord que du gris
Et c’est ça dont j’ai envie
Rester à Paris

[Couplet 3]
Je me suis garé sur le parking d’une résidence
Je redescends la rue Saint-Denis sous la pluie battante
Tirant des deux mains le col de mon blouson
Je marche d’un pas pressé, toujours vers la même destination
La Seine paraît noire sous le ciel obscur
Entre le grondement du tonnerre et le pluvieux murmure
Projection privée au Club 88
Une main sur le kleenex, l’autre sur le joystick

[Pont 3]
Mes désirs en deux dimensions sur papier glacé
Toujours la même chanson, j’y sacrifie un peu ma santé
Morose prison que celle des extases chimiques
Je n’attends plus grand chose des paradis névrotiques
Vers le nord de la capitale, y a des complexes ferroviaires
Qui tranchent un sillon dans la ville et les zones ouvrières
Y a des ponts rouillés qui dominent la sortie des gares
Vers le nord, pas d’espoir

[Outro]
Paris sous la pluie derrière la fenêtre d’un appartement
C’est pas le cadre idéal pour lancer des grands défis
Mais plutôt pour s’abandonner à fixer sur l’écran
Les cristaux liquides de la chaîne hi-fi

lundi 23 mars 2020

Paris Violence In Memoriam



À ces générations baisées au nom des flux économiques
Envoyées crever par milliers dans la boue de tranchées merdiques
À tous ces vaillants jeunes gens qui pour une poignée de vieux cons
Sont aller clamser à vingt ans à Verdun ou à Douaumont
À ces existences bousillées à toutes ces familles détruites
Pour sauvegarder les intérêts de la machine capitaliste

À la mémoire aussi de ceux qui tombèrent au petit matin
Sous les mécanismes ingénieux du charmant docteur Guillotin
Jeunes et fougueux idéalistes à l'exécution capitale
Car leurs soupirs trop nihilistes faisaient trembler l'ordre moral
Victimes de la bourgeoisie et de la bonne conscience française
Celle qui a acclamé Vichy et en 45 tournait sa veste

Aux victimes des dictatures et à celles des démocraties
Tout gouvernant est une ordure tout gouvernement est pourri
À la mémoire de tous nos potes et à celle des inconnus
Qui ne reconnurent aucun despote et qu'on a sommairement abattu
À la mémoire de tous ceux qui n'ont plus que nous pour le dire
Car étant du même camp qu'eux un jour aussi on devra les suivre

À ceux qui sont tombés sous les balles de la Gestapo ou de la Tcheka
En Ukraine ou à Stalingrad au Vel d'Hiv ou à Treblinka
À ceux qui se sont effondrés sous les projos des miradors
La gueule dans les barbelés une rafale pour passeport
Aucune page de l'histoire qui ne dégouline de sang
Dès qu'un homme atteint le pouvoir il ne peut virer que tyran

Toujours soit bourreau soit faux cul, la pente humaine est carnassière
Et toujours l'individu est victime de l'humanité entière
S'il a pas une balle dans le bide et les deux panards dans la tombe
L'homme est un salopard putride, l'homme est un salopard immonde
Tous les paysages se ressemblent, villes merdiques banlieues pourries
Et les hommes aussi tous ensemble sont égaux dans l'ignominie